26 Jul 2006

La manivelle retroussee

La pluie a mouille le cul des sacs de vivre.
La viande et les grains de cereales se sont detaches dans la boue,
comme une fleur,
comme un choc emotionnel.
Mes villageois prirent les sacs avec des batons de bambous souples et les femmes frapperent dans leurs mains tatouees, chantant l innocent palpitement des dieux, brassant la terre en nouees, emportant la poussiere. Mon peuple deversa ses offrandes de papiers de sel dechires par les oiseaux visionaires et la justice naturelle, dans les abreuvoirs de metaux scultes, de pierres claires ramassees dans la riviere orangee, a l Ouest des fosses remplaces.
Un agneau au miel lacere par des cordes dans des broches
est pose sur un aplat de l arbre des ancetres pour le repas de notre renaissance, le festin de la prochaine pluie.
Il y a de l agitation dehors.
Il y avait du vent fluo, il y avait des incectes ecrases transpirant dans de la lumiere moite, par volutes, sur les parures de nos habitations montees, trop direct, dans nos vies trop instalees, sur des pics en bois droits et durs comme si la traversee du port de Marseille
dans un bain de gazoil ferait succes, comme l on s oubliai et s effacait dans l antre du courage, ou sinon le peu qu il y a aurai deja disparu.
Le pare prise de mon tracteur vola en eclat sous la pression des mots.
Soudain.
Et puis.
Je sorti un Jamboneau de ma poche et commenca a l allumer, a le fumer delicatement comme au temps du regiment, l epoque d avant de vivre sur cette ile et de rencontrer mon peuple. Je me suis assis le rebord d une assiette en verre colorees a la bouche ; je suis assis dans une manufacture de religion d interieur...
Elle est fendue, felee , brissee.
Un truc que je peux dire c est qu il y a souvent eu des assiettes echouees autour de ma maison de parure, car ma femme aime s entrainer a me jetter ces choses de notre mariage collectif apres m avoir attache au pied de notre lit dans nos delires sado maso et ca nous depasse, ca nous retrecit, ca nous ecreme.
Je laisse passer un pull volant dans le sky et les hautes spheres.
Je respire une boufffee d air alors qu en meme temps je pousse le vieux poil a mazout rouille avec le pied pour equilibre ma pensee.
C est la vie devant le plaisir du retroussement.
Les enfants peints en blanc m escaladent dans mon assise ils viennent et repartent comme des neons de nuit.
Je peux lever les bras il n y a personne pour me voir souffrir. Je les leve comme si j etais un chef d orchestre qui compte les graviers, essayant d oublier le vieux macon qui m as retrouve, ne l ayant pas entierement paye, a l epoque de la montee express de mon entreprise de gloire et de beaute.
Je suis ivre pour ne plus rien dire, et le peuple sauvage est rentre dans le garage, je respire a peine, heureusement que je touche un os de grenouille sculte en flute traversiere. Je le sort de la poche et joue un air des valses de Vienne d avant l invasion de sirenes poursuivit par des pirates du cul, versions tendres soldats.
C est Mercredi midi et il y a des sirenes dans la vallee, c est un test c est un test personnel, une facon de s en aller.